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Randonnée à la Pointe de Marcelly et au Lac de Roy

Randonnée aux 5 lacs de Forclaz : Boucle de 2 jours et bivouac dans le Beaufortain

Cet itinéraire à travers le Beaufortain passe par des zones moins fréquentées de ce massif pourtant emblématique, et nous plonge dans des paysages grandioses et variés, à la découverte notamment des magnifiques 5 lacs de Forclaz.

⚠️ Attention : c’est un itinéraire engagé, à envisager uniquement si vous n’avez ni le vertige, ni la crainte des terrains instables ou mal tracés. Certains passages sont délicats et le chemin difficile à suivre, pensez à bien lire les détails du parcours ci-dessous.

Départ – Plan de la Lai, lac de Roselend

La boucle de 2 jours aux 5 lacs de Forclaz débute au Plan de la Lai, tout proche du Cormet de Roselend. Depuis Albertville, la route grimpe progressivement jusqu’à ce petit parking, en longeant le splendide lac de Roselend, véritable joyau du massif du Beaufortain. Une mise en bouche visuelle qui donne le ton de ce qui nous attend sur les deux jours à venir.

Tout au long de cette boucle, le lac de Roselend apparaîtra sous des angles variés, offrant un fil conducteur aussi esthétique que symbolique à cette aventure en haute montagne.

Direction la cabine téléphonique anglaise

Oui, vous avez bien lu ! Une véritable cabine téléphonique anglaise rouge trône ici, au-dessus du gîte de Plan Mya, avec une vue panoramique imprenable sur le lac de Roselend. Une curiosité étonnante dans un décor alpin !

Pour la petite histoire, cette cabine avait été installée par le gîte car il s’agissait du seul endroit où l’on captait le réseau. Un clin d’œil insolite au cœur du massif du Beaufortain, qui donne tout de suite une touche originale à ce début de randonnée vers les 5 lacs de Forclaz.

L’ascension débute donc tranquillement par un chemin en pente douce, agréable et progressif. Une entrée en matière plutôt accessible, qui laisse le temps de s’imprégner des paysages et de profiter de la lumière matinale.

Direction le Col de la Grande Berge

Après cette mise en jambes, le chemin devient plus exigeant. On emprunte un sentier où la pente se fait plus marquée, alternant entre chemins de montagne classiques et portions de route carrossable. Petit à petit, l’ambiance change, les panoramas s’ouvrent davantage, et on prend doucement de la hauteur.

L’objectif de cette portion : rejoindre le Col de la Grande Berge. Une fois arrivé, il est possible de pousser un peu plus loin pour grimper jusqu’au sommet de la Grande Berge. L’effort supplémentaire vaut largement la peine : la vue plongeante sur le lac de Roselend est tout simplement magnifique, avec un panorama qui commence à se déployer sur l’ensemble du Beaufortain.

Ce passage marque aussi une première rupture dans l’itinéraire : on bascule peu à peu dans une zone plus sauvage, moins fréquentée, et c’est là que l’aventure commence vraiment.

Direction la Brèche de Parozan

Depuis le Col de la Grande Berge, on quitte les sentiers battus pour s’engager sur une trace bien moins empruntée. On prend à gauche, sur un chemin discret, parfois peu évident à suivre, ce qui demande de rester attentif à l’itinéraire.

La progression se fait à travers de vieux pâturages abandonnés, en longeant des cabanes de bergers en pierre, vestiges d’un autre temps. Au loin, on aperçoit la silhouette élancée de la Pierra Menta, qui semble nous observer. Le lieu est chargé d’une atmosphère unique, entre isolement, silence et beauté brute.

Devant nous, le pierrier menant à la Brèche de Parozan se dresse. À première vue, difficile d’imaginer qu’un sentier puisse s’y faufiler. Le terrain est abrupt, instable, et il faut prendre son temps pour repérer les traces à suivre. Ce passage demande de l’attention, de la prudence et un bon pied.

Avant d’attaquer cette montée aussi raide que courte (moins d’un kilomètre avec une pente entre 25 et 63%), on fait une pause pour reprendre des forces. L’effort est intense, mais le panorama qui se dévoile au sommet est une vraie récompense : vue sur les lacs alentours, sur les crêtes du Beaufortain… et même des pratiquants de highline suspendus au-dessus du vide, ajoutant une touche spectaculaire au décor.

Direction le lac de Presset

Depuis la Brèche de Parozan, on traverse la crête et longe la Pointe de Presset avant de rejoindre le Col du Grand Fond. À ce moment-là, plusieurs options s’offrent à nous.

Le tracé initial prévoyait de descendre vers le lac de la Neuva, puis de gravir directement le pierrier qui fait face – un chemin bien tracé sur Strava et Komoot, mais inexistant sur AllTrails. Finalement, on opte pour une variante en passant par le lac de Presset, puis en remontant par le passeur de Gargan et le versant sud-est du col de la Nova, en suivant un pierrier raide et peu commode.

Mais avant cela, on prend le temps de profiter du lac de Presset, un lieu que je connaissais déjà… mais qui m’impressionne toujours autant. Le reflet de la Pierra Menta dans l’eau, la lumière rasante, le silence : tout contribue à créer une ambiance mémorable.

Direction le col de la Nova

Depuis le lac de Presset, on remonte par la droite, en direction du fameux passeur de Gargan. Mais dès qu’on l’aperçoit… le doute s’installe. Le passage semble franchement périlleux. Après un rapide échange, on décide de changer nos plans et de tenter notre chance en remontant le pierrier nord, depuis le lac de la Neuva.

⚠️ Attention : que ce soit le passeur de Gargan ou l’accès au col de la Nova, ces itinéraires sont tous deux très engagés. Il n’existe pas de véritable chemin tracé. On est plus proche de l’escalade facile dans du pierrier glissant que de la randonnée classique.

On progresse alors hors sentier, traçant notre propre ligne pour rejoindre la trace repérée en amont. On longe un pierrier instable au pied de l’Aiguille de la Nova, jusqu’à recroiser le chemin “officiel”.

C’est l’un des passages les plus techniques de cette boucle. Le terrain, friable, mêle terre, pierres désolidarisées et pente raide, entre 45 % et 54 % d’inclinaison.

À un moment, la progression devient tellement pénible qu’on décide de s’écarter un peu sur la gauche… et de “grimper” littéralement la montagne. On s’aide des mains, on cherche nos appuis, et on grimpe au plus direct dans les dalles rocheuses.

Après une montée intense, un bon stress et une belle suée, on atteint enfin le col de la Nova, soulagés mais lucides sur la dangerosité de ce passage.

Direction les Lacs de Forclaz

Depuis le col de la Nova, on poursuit la traversée en suivant l’arête, qui s’élargit petit à petit. Très vite, le décor change. Devant nous, le Mont Blanc se détache à l’horizon, tandis que le lac Noir, premier des 5 lacs de Forclaz, scintille sous la lumière du soir.

On prend le temps de profiter de ce moment suspendu : le coucher du soleil teinte le ciel de reflets orangés, et les derniers rayons embrasent les crêtes. Ici, la beauté du Beaufortain se dévoile dans toute sa puissance.

Sur le chemin, on passe à proximité de ce qui semble être les vestiges d’une ancienne tour en pierre, probablement un ancien point optique militaire.

La descente se fait dans une ambiance crépusculaire, guidés par la lumière du jour qui décline doucement. Une lune brillante prend progressivement le relais pour illuminer notre avancée vers le lac Noir.

Arrivés au bord de ce premier des 5 lacs de Forclaz, nous faisons une pause bien méritée pour nous ravitailler en eau. Puis, à la frontale, nous grimpons une petite butte herbeuse qui surplombe le lac, afin d’installer notre campement pour la nuit.

Une fois la tente montée et le dîner avalé, il est déjà plus de 23 h. On s’accorde quelques instants pour capturer l’instant en photo, sous le ciel étoilé, avant de filer se coucher, épuisés mais comblés.

Direction les autres lacs de Forclaz

Réveil matinal après une nuit courte mais plutôt réparatrice. Le jour se lève à peine, baignant le lac Noir dans des teintes rosées. On profite de ces premières lumières pour savourer un petit déjeuner face à ce décor grandiose.

Une fois le campement plié et les sacs bouclés, on débute la descente en direction des autres lacs. Rapidement, on atteint les lacs Verdet, Cornu et Riondet, trois joyaux alignés côte à côte, nichés dans un environnement sauvage et minéral.

C’est un moment suspendu, où le calme règne. On croise quelques randonneurs qui, comme nous, ont bivouaqué aux 5 lacs de Forclaz. Les reflets du matin dans l’eau limpide, les silhouettes qui plient bagage dans la lumière rasante… tout est simple et magnifique.

On poursuit ensuite notre descente vers le lac Esola, le cinquième et dernier des 5 lacs de Forclaz. Moins visible, plus reculé et intimiste, il offre une ambiance encore plus paisible que ses voisins. Un lieu parfait pour une dernière pause contemplative, avant d’entamer la prochaine ascension.

Direction le Passeur de Pralognan

On quitte les rives paisibles du lac Esola pour poursuivre la descente, avant d’attaquer une nouvelle montée en direction du passeur de Pralognan. Cette portion du parcours alterne entre passages plus roulants et segments un peu plus techniques, où il convient de rester attentif.

Heureusement, dans l’ensemble, le chemin est bien tracé. À l’exception d’un court passage équipé d’une chaîne, cette portion ne présente pas de difficultés majeures. Arrivés en haut, on prend quelques instants pour souffler… et pour admirer, une fois de plus, le spectacle qui s’ouvre devant nous.

Depuis le passeur de Pralognan, la vue est splendide : deux des 5 lacs de Forclaz que nous venons de quitter s’offrent à nous en contrebas. En toile de fond, les glaciers de la Vanoise, le Mont Pourri et les sommets environnants se dressent fièrement.

Une belle récompense avant la descente.

Direction le Cormet de Roselend

On quitte les rives paisibles du lac Esola pour poursuivre la descente, avant d’attaquer une nouvelle montée en direction du passeur de Pralognan. Cette portion du parcours alterne entre passages plus roulants et segments un peu plus techniques, où il convient de rester attentif.

Heureusement, dans l’ensemble, le chemin est bien tracé. À l’exception d’un court passage équipé d’une chaîne, cette portion ne présente pas de difficultés majeures. Arrivés en haut, on prend quelques instants pour souffler… et pour admirer, une fois de plus, le spectacle qui s’ouvre devant nous.

Depuis le passeur de Pralognan, la vue est splendide : deux des 5 lacs de Forclaz que nous venons de quitter s’offrent à nous en contrebas. En toile de fond, les glaciers de la Vanoise, le Mont Pourri et les sommets environnants se dressent fièrement.

Une belle récompense avant la descente.

Direction le Col de la Sauce

Mais de notre côté, l’aventure continue. Depuis le Cormet de Roselend, nous reprenons notre marche en direction du Col de la Sauce, l’un des points de passage emblématiques du Tour du Beaufortain.

Après avoir traversé la route, nous longeons une piste carrossable sur quelques centaines de mètres avant de bifurquer sur un sentier plus raide. Celui-ci grimpe à travers de hautes herbes dans un décor toujours aussi sauvage et majestueux.

La montée est soutenue : environ 300 mètres de dénivelé positif sur 3 kilomètres. Il fait chaud, le soleil tape, mais quelques brises d’altitude viennent heureusement alléger l’effort. Le terrain est irrégulier, mais le chemin bien tracé.

Arrivés au col, une pause s’impose. Il reste alors environ 150 mètres de dénivelé pour rejoindre la crête qui nous mènera vers notre dernière étape. L’ambiance est différente ici, plus alpestre, plus austère, mais toujours grandiose. On se sent petit, mais incroyablement vivant.

Direction le Rocher du Vent

Nous voilà repartis pour la dernière ascension de cette grande boucle, en direction du Rocher du Vent, sans doute l’un des points de vue les plus spectaculaires du massif du Beaufortain.

La montée se poursuit tranquillement le long d’un chemin en balcon, où l’on croise un petit lac sans nom. À ce moment-là, le sac commence sérieusement à peser sur les épaules : la fatigue cumulée des deux jours se fait sentir.

Peu à peu, en avançant, on devine la silhouette si particulière du Rocher du Vent, cette formation rocheuse impressionnante, comme posée là pour marquer la fin du périple. Le relief se transforme en une sorte de canyon, sculpté naturellement dans la montagne, qui mène droit au fameux rocher.

Une fois arrivés à l’extrémité du canyon, le panorama est à couper le souffle. De chaque côté, on aperçoit les voies de la via ferrata du Rocher du Vent, mais ce qui attire le regard, c’est bien la vue vertigineuse sur le lac de Roselend, que l’on domine désormais de toute sa hauteur.

Ce moment-là, après deux jours d’efforts, de passages engagés, de paysages sublimes, et surtout d’émerveillement devant les 5 lacs de Forclaz, résonne comme une récompense finale. Un moment suspendu dans le temps.

Retour au parking

Après cette ultime pause bien méritée au Rocher du Vent, il est temps d’entamer la redescente. Nous reprenons le canyon dans le sens inverse jusqu’au point où, normalement, nous devions récupérer un chemin descendant vers un tunnel qui passe sous le Rocher du Vent.

Mais au lieu de cela, au niveau du départ de la seconde partie de la via ferrata, un petit sentier discret se faufile le long de la roche. Il n’est pas indiqué sur la carte, ni sur le tracé AllTrails, mais bien visible sur Strava. Ce raccourci non officiel, bien tracé et praticable, nous permet de gagner environ 1,5 km.

S’ensuit une traversée sur un chemin en dévers qui domine d’abord le lac de la Gittaz, puis, plus loin, le lac de Roselend, que l’on retrouve une dernière fois sur notre itinéraire. On arrive ensuite à l’entrée du fameux tunnel. Si tu prévois de faire cette boucle, pense à emporter une lampe frontale ou une autre source de lumière : certaines portions du tunnel sont très sombres et il faut parfois baisser la tête selon ta taille !

À la sortie du tunnel, deux options s’offrent à toi : soit prendre un chemin abrupt qui descend droit dans la pente, soit continuer encore un peu avant d’emprunter une descente plus douce et progressive, comme le proposent les deux tracés disponibles sous l’article sur mon blog.

Il reste alors environ 3 km jusqu’au parking du Plan de la Lai. De notre côté, nous faisons une dernière pause bien méritée au bord de la rivière pour y tremper nos pieds fatigués, avant de conclure l’aventure par une bonne bière et un morceau de Beaufort dégustés au Chalet du Berger.

Une fin parfaite pour une aventure aussi belle qu’intense, à travers certains des paysages les plus spectaculaires du massif, notamment les 5 lacs de Forclaz, véritables joyaux du Beaufortain.

Résumé et avis.

Comme précisé dans l’introduction, cette boucle de deux jours avec bivouac aux 5 lacs de Forclaz n’est clairement pas une randonnée anodine. Elle comporte au moins deux passages très techniques, dont le pierrier en direction du col de la Nova, que j’ai personnellement trouvé particulièrement délicat et même dangereux par endroits.

À titre personnel, je classerais donc cette randonnée dans la catégorie “extrême”, en tout cas pour des pratiquants habitués à la montagne, mais peu expérimentés en terrain instable ou hors sentier. Elle demande selon moi une bonne condition physique, un pied très sûr, aucune crainte du vide, et une vraie capacité à évoluer en terrain accidenté, mal tracé et parfois exposé.

Mais si vous vous sentez à la hauteur, alors cette randonnée est aussi un immense coup de cœur. C’est une boucle sauvage, engagée, variée, spectaculaire, qui nous fait traverser certains des plus beaux paysages du Beaufortain, jusqu’au célèbre Rocher du Vent.

Et bien sûr, les 5 lacs de Forclaz sont la cerise sur le gâteau : lac Noir, Verdet, Cornu, Riondet et Esola. Une enfilade de petits joyaux perchés dans un écrin de nature, encore préservés et loin de l’agitation. C’était ma première visite, et certainement pas la dernière.

Itinéraire